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Obtenir des partitions, c’est à nouveau possible!

Le lieu au Grütli que vous connaissez vivant, animé, coloré reste pour le moment silencieux, le bâtiment de la Maison des arts du Grütli étant fermé au public jusqu’à nouvel avis. Cependant, l’équipe de la bibliothèque travaille pour le prêt délocalisé entre sites, inédit pour une situation exceptionnelle!

La première demande prête à rejoindre les Bastions

Faites votre demande par courrier électronique à l’adresse: bmus@ville-ge.ch ou commandez vos ouvrages directement sur le catalogue RERO Explore Genève selon la procédure. Le billet de blog du 11 mai vous l’explique également avec photos à l’appui. Chaque matin, une navette achemine les documents entre La Musicale et les Bastions pour être réceptionnés par son lecteur ou lectrice à l’heure prévue. Et, la première demande de prêt pour La Musicale dans cette étape no 1 de réouverture est un recueil de chansons de troubadours. La musique médiévale donne donc le ton de la reprise!

La liste de nouvelles acquisitions établie ici à l’heure où le confinement prenait ses marques en mars dernier va vous donner des envies, écrivez-nous pour vous les faire parvenir!

Littérature, opéra et partitions

Aujourd’hui, je partage avec vous un roman. L’accordeur de pianos c’est d’abord Der Klavierstimmer, paru en 1998, dix ans avant d’être traduit en français. Son auteur, Pascal Mercier, romancier suisse, vit depuis une trentaine d’années à Berlin. Son personnage, Frédéric Delacroix, est accordeur de piano à Genève avant d’être appelé à travailler pour la Philharmonie de Berlin. Accordeur mais aussi compositeur d’opéra (au singulier!) et père de jumeaux: Patrice et Patricia.

[…] Le mot opéra éveillait comme toujours en moi un écho particulier. Je souhaiterais pouvoir de nouveau entendre ce mot en toute ingénuité, as-tu dit il y a longtemps, et je m’effrayais alors de la fureur contenue de ta voix. Dès le commencement, Papa, ce fut pour nous un mot spécial, dont le son était indissolublement lié avec ton bureau, avec l’éclat du piano à queue et le doux grattement de ta plume sur le papier à musique. « Qu’est-ce que c’est? » demandions-nous, alors que nous devions encore nous mettre sur la pointe des pieds pour pouvoir désigner du doigt les feuilles blanches avec les lignes de portée. « Un opéra » disais-tu. Pendant un certain temps, un opéra fut pour nous un bout de papier. Cela nous déconcerta quand Maman nous dit un soir que vous alliez à l’Opéra. Et c’était déconcertant, aussi, de vous entendre dire devant le Grand Théâtre: C’est l’Opéra. Un opéra, c’était quelque chose de grand et d’important, de presque sacré, nous l’entendions au son de votre voix.

in: pp. 140-141 Deuxième Cahier, Patricia

L’auteur Pascal Mercier dont le nouveau roman « Das Gewicht der Worte » est sorti en janvier dernier

« Pascal Mercier » pseudonyme de romancier de son vrai nom Peter Bieri avait expliqué en public il y a plusieurs années qu’il avait choisi son pseudonyme en feuilletant l’annuaire téléphonique genevois. La page de Peter Bieri élabore une autre théorie. Il aurait pris le prénom de Pascal, en référence au philosophe et choisi son nom en mémoire à Louis-Sébastien Mercier.

Le DHS précise que ce dernier a été joué à la fin du XVIIIe s. au Théâtre des Bastions avec Grétry et Beaumarchais. Les livrets de Louis-Sébastien Mercier sont présents à La Musicale. Et, parmi les documents des Bastions, 18 livrets sont en ligne.

Enfin, on peut découvrir ou relire L’accordeur de pianos en sachant que le rythme des phrases a été influencé par la musique de Chopin et Rachmaninov selon les propos de l’auteur sur le site de Culturactif.ch.

Campagne d’affichage silencieuse

Lors des premières sorties pour faire ses courses, des affiches posées avant le 16 mars semblent désuètes. On marche le coeur serré, en pensant aux artistes, comédiens, musiciennes, graphistes, danseurs… dont les spectacles ont été annoncés et annulés à la veille des représentations.

Les rues, au fil des semaines, ont ensuite perdu leurs couleurs, leurs rythmes… et le silence du dehors fait résonner celui des salles culturelles fermées. Les panneaux d’affichage sont recouverts de la même affiche, seul le format change, pour un même message répété à l’unisson: Un grand merci.

Les affiches des mois de mars et d’avril qui n’ont servi à rien nous sont aussi parvenues afin de les conserver.

Dans le catalogue CCSA en recherchant par exemple l’affiche consacrée au Festival d’orgue de cinéma, celle de l’édition 2020 cataloguée dernièrement porte la note : « En raison de la pandémie COVID-19, la manifestation a été annulée« .

Un moyen de documenter le silence imposé par les mesures de crise vécue cette année.

Attention contagion: les vers d’oreille

Voilà une affichette pour tromper l’attente du train, dans une petite gare reculée dans le canton de Berne (avant le confinement)!

De quelle maladie est-il question sous le nom étrange de Ohrwurm? Les vers d’oreille (earworm en anglais) ne sont pas dangereux pour la santé, mais ont de forts risques d’être contagieux!
Le phénomène repose sur une mélodie qui ne nous lâche plus. Construite sur des accords faciles à retenir, la mélodie est faite d’une progression harmonique des plus communes (tonique, quarte et quinte).

En 2006, The Guardian publie un article du compositeur et critique musical Vadim Prokhorov dressant son top ten des « earworms ». Plus récemment, le phénomène des vers d’oreille a été étudié par une équipe de la Goldsmiths University de Londres. Cette étude a collecté des données via un questionnaire. Il en résulte que 90% de la population est touchée au moins une fois par semaine par un « earworm », phénomène qu’elle qualifie de désagréable voire de dérangeant! Enfin, la chronique de France Musique La musique vous fait du bien détaille le phénomène musical et y apporte un remède: « trouver une activité qui mobilise le plus de ressources cognitives possibles ».

Pour vous familiariser avec les notions d’harmonie évoquées plus haut: Le solfège pour les nuls, les pages 224 et suivantes développent les notions élémentaires des « joies de l’harmonie », chanter consciemment Mah-Nà Mah-Nà d’Umiliani grâce à notre partition ou vous procurer A la volette, plusieurs recueils sont disponibles à la bibliothèque. Pour l’heure, procurez-vous la partition ici. Une berceuse, après une journée de confinement, sera la bienvenue pour petit-e-s et grand-e-s.

Des vers d’oreille? A la volette, You’re beautiful, Mah-Nà- Mah-Nà, Né un ver (le plus récent pour moi, du dernier Opus de Stephan Eicher)…

Un grand merci de partager avec nous, en commentaire ci-dessous, une p’tite mélodie qui vous a trotté dans la tête!

Des salles pleines à craquer… pour les vaudevilles

Depuis le début du mois de mars, toutes les salles de concerts, de théâtre ont fermé leurs portes pour répondre aux mesures de confinement qui nous concernent tous et toutes. Aucune création ces prochaines semaines, tournons-nous donc vers le passé. Le Théâtre de Genève, situé à l’entrée du parc des Bastions a été le témoin de périodes historiques troublées.

Le 13 septembre 1836 au Théâtre des Bastions
BMU AF 1477 dans le CCSA

Puis, dans la première moitié du XIXe siècle, l’esprit conservateur et calviniste n’incite pas une programmation lyrique, peu au goût du public. C’est donc un répertoire de pièces parlées, opéras-comiques et vaudevilles, qui est joué sur la scène genevoise. La Musicale conserve le fonds historique de vaudevilles et mélodrames, pas moins de 700 pièces, et son catalogue est en ligne.

La lecture de l’Echo du Théâtre, paraissant chaque soir de représentation, nous apprend ceci (29 nov. 1836):

Dimanche dernier la foule qui se portait au Théâtre pour voir Madame Pepin-gamin et Mme Pepin-petit Jacques était si extraordinaire que la salle a été bien loin de la pouvoir toute contenir, qu’on s’est contusionné à la porte, qu’on a dû rendre beaucoup d’argent et refuser un nombre de billets. Des menaces ont été entendues à l’occasion de la petitesse démesurée de la salle; et il serait peut-être temps que l’autorité prenne en sérieux la considération la demande d’élargissement que lui adresse soit le public soit la direction.

Le Théâtre de Neuve dont l’inauguration eu lieu en 1783

La foule se presse et Le Gamin de Paris arrive en tête des représentations genevoises de l’époque! Quant au public, il devra attendre 1879 pour voir l’inauguration de la nouvelle salle du Grand Théâtre.

Muriel Hermenjat, bibliothécaire à La Musicale, au micro d’Isabelle Carceles. Les matinales, Espace 2, 11 juin 2009.