0041 22 418 28 00 communication.bge@ville-ge.ch
Sélectionner une page

Jean-François Gilmont (30 mars 1934 – 6 juin 2020)

L’historien du livre et bibliographe belge Jean-François Gilmont nous a quitté-e-s le 6 juin 2020 à l’âge de quatre-vingt-six ans.

Nombreux sont encore les employé-e-s de la Bibliothèque de Genève qui se rappellent l’avoir vu hanter catalogues et magasins fidèlement secondé par sa femme bibliothécaire, tout à la rédaction de GLN 15-16, cette base de données bibliographique des impressions de la Suisse romande aux 15e et 16e qui fait autorité en la matière et que la Bibliothèque de Genève continue d’enrichir. C’est cet outil indispensable aux chercheurs et chercheuses qui a valu à Jean-François Gilmont d’être nommé conservateur honoraire de la Bibliothèque de Genève («conservateur sans honoraires», rectifiait-il avec le sel de son ironie).

Auteur de près de trente livres et de cent quatre-vingts articles scientifiques portant notamment sur la bibliographie matérielle et sur l’importance de l’écrit dans la diffusion de la Réforme, il mena à son terme avec persévérance et méticulosité la bibliographie des œuvres de Calvin éditées au 16e siècle mise en route par Rodolphe Peter.

Sans conteste les travaux de cet ancien jésuite devenu l’un des meilleurs spécialistes de l’histoire du livre protestant font date.

Docteur en histoire de l’université catholique de Louvain, il y fut conservateur de bibliothèque pendant plus de vingt ans; agrégé de l’enseignement supérieur, il dispensa des cours notamment en histoire du livre et de la lecture, quand il ne traitait pas de l’histoire de l’humanisme ou des origines de la civilisation occidentale: l’Académie royale de Belgique l’avait accueilli dans son sein en 2004.

Aimable et discret, il partageait avec largesse son savoir et ponctuait volontiers sa conversation de remarques drolatiques, un petit sourire en coin.

Constats d’état des objets d’exposition (2)

Le constat d’état est un document qui reflète l’état de conservation d’un objet à un instant donné. Dans le cadre d’un prêt pour une exposition temporaire, ce document, une fois réalisé par les équipes de l’atelier de restauration, est directement placé dans la caisse de transport de l’objet et il ne le quittera plus jusqu’à son retour au sein de l’atelier de restauration. Il permettra ainsi de vérifier, une fois l’œuvre arrivée sur son lieu d’exposition temporaire, qu’elle n’a pas souffert du transport. L’opération de contrôle sera également renouvelée à son retour à l’atelier en fin d’exposition.

Le constat est ensuite archivé sur une base de données à des fins documentaires et peut être consulté à tout moment afin de vérifier la présence de nouvelle(s) altération(s).

Actuellement, pas loin de 120 constats d’état ont été réalisés dans le cadre de l’exposition consacrée à l’Œuvre de Fred Boissonnas qui ouvrira ses portes au Musée Rath fin septembre.

Retrouvez le premier billet concernant les constats d’état ici.

Constats d’état des objets d’exposition (1)

Dans le cadre de prêts à des expositions, l’équipe du secteur restauration de la Bibliothèque de Genève réalise avant le départ de chaque œuvre un constat d’état de cette dernière. Cette opération résulte d’une observation directe de l’objet et permet d’attester de son état de conservation à un instant donné.

À l’atelier de restauration ces constats sont réalisés à quatre mains sur une tablette. Dans un premier temps, une technicienne intègre au constat toutes les informations administratives et documentaires ainsi que les photographies nécessaires à la bonne identification de l’objet. Ensuite une restauratrice retranscrit toutes les altérations, de nature mécanique, physique ou chimique, qu’elle a pu observer au contact de l’objet et établit une liste de recommandations en vue de l’emballage, du transport et de l’exposition de ce dernier afin d’assurer à chaque étape des conditions optimales de conservation. Enfin, ce contact privilégié permet d’affiner les connaissances relatives à la matérialité de l’objet (étude de la technique et de la matière).

Aménagements aux Bastions (5/5): Zoom sur la réception

Hall d’entrée avec le bureau de réception et le sas

Le hall d’entrée de la Bibliothèque de Genève a de l’allure avec ses quatre piliers centraux, son sol en marbre, son grand escalier et son décor pictural néo-classique aux tons jaune, vert et rose réhabilité durant les rénovations des années 1975-1976. Cette architecture imposante, voire intimidante, et sa lumière un peu confidentielle cachent différentes ressources: derrière les piliers, l’entrée de l’Espace Ami Lullin, sur la gauche un couloir qui amène au loin à la seule zone en libre-accès, datant de 1998, mais malgré tout encore moderne. Sur la droite directement en entrant, très confiné et dans l’ombre, on aperçoit le bureau de réception de la bibliothèque, installé en 1987, royaume du personnel d’accueil. Un peu plus loin se cachent encore les espaces sanitaires publics.

Bling… un coup de baguette magique pendant la pandémie que nous venons de traverser et très bientôt vous aurez l’impression d’arriver dans un nouveau territoire et découvrirez quelques surprises… Bienvenue à la Bibliothèque de Genève, chez nous et chez vous! Appropriez-vous tous les nouveaux espaces transformés pour vous.

Retrouvez les autres billets de blog consacrés aux aménagements:

Aménagements aux Bastions (4/5): zoom sur le Service du prêt

Le local du prêt de la Bibliothèque en travaux, début mai 2020

Les collections de la Bibliothèque de Genève peuvent être empruntées par les habitant-e-s de Genève depuis 1702, date du premier règlement de la Bibliothèque qui a longtemps été affiché en souvenir dans l’actuel Couloir des coups d’œil, et qui stipulait: les livres « pourront être prêtés à ceux qui le souhaitteront, pourvû que ce soyent des gens d’une probité connue ».

En 1702, la Bibliothèque se trouvait dans le Collège Calvin à Saint-Antoine, en 1872 elle a emménagé aux Bastions et le prêt a toujours continué même si son emplacement a varié et n’est pas toujours précisé. Les documents empruntables faisaient partie de la « bibliothèque circulante ».

Le Service du prêt actuel a été installé à cet endroit lors des transformations du 1er étage de 1974-75. Il y avait alors 2 guichets bien séparés du public qui ont été démantelés lors de l’informatisation du Prêt en 1998. Cette séparation avec le public semblait totalement désuète à l’époque, mais elle ne serait pas reniée par les plans de protection sanitaires en cours en lien avec le Covid 19…

Les usagers et usagères peuvent découvrir dès aujourd’hui un espace rafraîchi et éclairci, en harmonie avec le reste des aménagements 2020.

Retrouvez les autres billets de blog consacrés aux aménagements:

Reportages photos #COVID / 3 : mobilisations

Jusqu’en février 2020, quand on prononçait le mot  «mobilisation» en Suisse, on pensait à la «Mob», ce souvenir marquant de la Seconde Guerre mondiale que nous ont transmis nos grands-et arrière-grands-parents. La crise du COVID a marqué le retour d’une terminologie guerrière que l’on n’avait plus entendu depuis longtemps. Mais au-delà de l’envoi de troupes de soldats sur le front sanitaire, Stéphane Pecorini, photographe à la Bibliothèque de Genève, a surtout cherché à photographier toute l’ampleur des engagements civils.

Prenons la Protection civile: les astreints, qui avaient l’habitude d’encadrer des courses populaires ou les parkings de grandes manifestations, se sont retrouvés à devoir interdire aux citadins d’aller se promener dans le Mandement, voire même à séparer les personnes qui ne respectaient pas la distance de deux mètres. Dans les hôpitaux, le personnel s’est engagé sans compter, tandis qu’une partie des protections de la loi fédérale sur le travail leur était retirée temporairement.

Nous sommes en juin 2020. Une grande partie des mesures d’urgence ont été abrogées. Déjà, nous pouvons regarder en arrière en nous demandant si nous n’avons pas rêvé. Les photographies de Stéphane Pecorini nous rappelleront que tout cela a bien eu lieu.

 

Pour découvrir les premiers reportages photos:
Partie 1 : À la recherche des passant-e-s disparu-e-s
Partie 2 : La vie transformée

Ces reportages n’auraient pas été possibles sans la collaboration des organisations suivantes:

Service de la protection civile et des affaires militaires
Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG)
Clinique des Grangettes
Transports Publics genevois (TPG)

Un grand merci à elles!