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Vous avez dit «catalogue raisonné»?

Jean-Gabriel Eynard sur un petit pont avec un domestique à Beaulieu, entre 1852 et 1855
Bibliothèque de Genève, CIG 2013 001 dag 072, détail

Jean-Gabriel Eynard a fait fortune, rendu service à son pays et embrassé la cause du philhellénisme. Mais c’est aussi un homme épris de nouveautés, qui, au milieu du 19e siècle se passionne pour la photographie, dont il est un pionnier, remarqué par la qualité et l’esthétique de ses prises de vue. Cette façon mécanique de représenter le réel, débarrassée de la subjectivité propre à un dessinateur humain, l’a probablement fasciné.

Forte de 465 pièces recensées à ce jour, l’œuvre photographique d’Eynard est également une des plus importantes de son temps. Pour ces raisons la Bibliothèque a décidé de la décrire de façon systématique comme un catalogue raisonné.

Les catalogues raisonnés sont une vieille tradition en histoire de l’art. Ils sont caractérisés par deux traits. Le premier est l’exhaustivité: dans un catalogue raisonné on cherche à réunir toutes les œuvres produites d’un-e artiste. Cela demande des recherches de longue haleine dans les collections publiques, comme dans les collections privées. On trouve des œuvres d’Eynard à Genève bien sûr, mais ailleurs en Suisse, en Europe ou encore aux États-Unis.

La seconde caractéristique est de présenter ces œuvres selon une organisation pensée ou précisément “raisonnée”. Pour le travail d’Eynard, la subdivision par genres – portraits, paysages, scènes genres, natures mortes est pertinente.

Ajoutons que le support numérique s’est imposé naturellement comme outil de publication. Une base de données est bien plus commode qu’un épais volume imprimé pour les professionnel-les – historien-ne-s ou marchand-e-s d’art, expert-e-s – et peut être aussi agréablement consultée par le grand public.

Découvrez donc Eynard photographe en ligne. Une plaquette est également disponible sur place à la Bibliothèque (pour les nostalgiques du papier) ou sur notre site Web.

La Bibliothèque de Genève soigne ses vedettes

Le numérique est une chance pour les bibliothèques. Une chance formidable, car elle permet de concrétiser les valeurs de démocratisation des connaissances. C’est le cas des pages Personnalités du site de la Bibliothèque de Genève numérique, une série de 21 portraits documentaires, couvrant la période du 16e au 20e siècles.

Chaque portrait s’organise autour de quelques rubriques de base: les œuvres principales, les documents manuscrits, l’iconographie, les études majeures sur le personnage. Les témoignages audiovisuels ne sont pas oubliés, dans les sections «Sur mobile» ou «En vidéo».

Quel est le but de cette série, augmentée peu à peu? Proposer un aperçu de ressources physiques ou numériques que nous considérons comme essentielles pour la découverte et pour l’étude de ces personnalités. L’exhaustivité n’est pas visée – les bibliothèques disposent d’autres outils et l’on peut s’adresser pour cela au service d’aide à la recherche de la Bibliothèque– mais des points de départ pour découvrir, connaître et approfondir l’œuvre de la personne.

Et qu’ont donc en commun tous ces noms? Autrement dit, selon quels critères est-il décidé de présenter Voltaire, Rodolphe Töpffer, Eugénie Droz, Maine de Biran ou Georges Haldas, par exemple, et non pas Jean d’Alembert, C.-F. Ramuz ou Henri Cartier-Bresson? Toutes ces personnalités ont un lien avec la Bibliothèque de Genève et sont fortement représentées dans ses collections. Ainsi nous pouvons mettre en évidence l’expertise du personnel de la Bibliothèque, dans une démarche d’«éditorialisation des collections».

Encore un point: la numérisation des collections est un chantier gigantesque, entrepris de façon collective par les bibliothèques depuis une bonne quinzaine d’années mais qui est loin d’être achevé. C’est pourquoi les ressources que nous signalons sont numériques bien sûr, mais également des références à des documents physiques (imprimés, manuscrits…) s’ils sont jugés incontournables.

Comment trouver les images de Genève (2)

Sans chercher à l’exhaustivité, découvrons encore quelques sites utiles pour dresser le portrait iconographique de Genève.

Les sites agrégateurs

Certains portails signalent des ressources issues de différentes provenances. C’est un moyen utile de rendre visibles des collections difficiles à identifier sur la toile. Il n’existe pas de site agrégateur pour les images en Suisse, cependant deux ressources plus globales sont intéressantes:

Wikimedia Commons est la base d’images qui illustrent les articles de Wikipedia. Les Archives fédérales suisses y ont versé notamment des images de la Première Guerre mondiale.
L’intérêt est que toutes les images versées dans Wikimedia sont dans le domaine public et peuvent donc être librement réutilisées.

Une vue aérienne de Genève prise le 26 avril 2005 (photo: Ork.ch) Une photo librement réutilisable

Les images techniques

Nombre d’organismes produisent dans le contexte de leurs activités des images qui détiennent une grande valeur patrimoniale. Par exemple, la collection de vues aériennes de l’Office fédéral de la topographie a pour objectif de dresser la carte nationale de la Suisse. Si les anciennes prises de vue ne sont plus utiles pour ce but, leur valeur est inestimable pour documenter la transformation du territoire.

Vue aérienne de Carouge en 1932, sur le site de swisstopo

Retrouver ici le 1er épisode: Comment trouver les images de Genève (1)

Comment trouver les images de Genève (1)

Edouard Herriot devant le monument franco-suisse à Genève, rue Sénebier, en 1924. Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France ne manque pas d’images sur des thèmes genevois.

Drôle de question à vrai dire, à l’ère de Google et des réseaux sociaux, ployant sous les images de toutes sortes… Si le moteur de recherche favori est sans conteste utile comme premier recours, il vaut la peine d’examiner quelques alternatives. Celles-ci sont toujours préférables lorsqu’il s’agit de cibler la recherche par thèmes ou, comme ici, dans un cadre géographique précis.
Plusieurs types d’organismes mettent à disposition des images. Dans ce billet, nous parlerons des bases d’images commerciales et des institutions patrimoniales. Dans un second billet, nous nous intéresserons aux sites agrégateurs, ainsi qu’aux images techniques.

Les bases d’images commerciales

Elles sont issues de services iconographiques ou d’agences de photographes, à destination en premier lieu de la presse et de l’édition. Toutes ces bases d’images permettent de visionner et de commander des images:

  • Alinari, la plus ancienne agences de photographie, créée en 1852, à Florence
  • Getty Images
  • L’agence suisse Keystone ATS est particulièrement pertinente pour Genève

Les institutions patrimoniales

Musées, bibliothèques, archives numérisent progressivement leurs collections (voir les épisodes du blog La fabrique du numérique 1). Ces institutions sont particulièrement pertinentes pour la recherche d’images sur le territoire qu’elles desservent. Les Musées d’art et d’histoire et le Centre d’iconographie de la Bibliothèque de Genève offrent ensemble quelques 100’000 images sur leurs portails:

À noter que, même lorsqu’il s’agit de documents dans le domaine public, les institutions n’accordent pas toujours la gratuité, ou seulement pour certains usages non commerciaux.
On trouve au contraire à l’étranger des musées qui ouvrent complètement leurs images numériques à tous les usages:

Comment rechercher une personne en numérique

Biographie genevoise: René Pellarin, alias Pellos, dessinateur du journal satirique genevois Guguss’ puis de la série des Pieds Nickelés.

Pour rechercher une personne, le réflexe le plus naturel est de taper un nom dans Google. D’ailleurs on a justement inventé l’expression “googler quelqu’un” pour désigner cette opération. Google n’indexe-t-il pas l’ensemble du Web, et son algorithme n’est-il pas incomparablement plus puissant que les moteurs de recherche des autres sites?

Oui, mais voilà cela ne suffit pas toujours: des pans entiers du Web sont pas ou mal indexés dans Google. C’est pourquoi il est judicieux de diversifier ses sources, et de connaître certains réservoirs, plus ciblés, mais efficaces.

Les journaux

C’est le cas des portails de journaux numérisés. E-newspaperarchives.ch et letempsarchives.ch sont particulièrement intéressants et couvrent de longues périodes: depuis la fin du 18e siècle jusqu’au début du 21e siècle. Les journaux relatent des aspects très variés de la vie locale et internationale et contiennent énormément de noms de personnes. Grâce à la numérisation et la reconnaissance de caractères, il devient beaucoup plus facile de les débusquer, qu’elles soient connues ou non.

Les bases de données

Les bibliothèque et archives étendent continuellement leurs bases de données. La recherche par nom de personne y est centrale, qu’il s’agisse d’un-e auteur-e, créateur, créatrice, artiste, d’une personne représentée ou d’un-e simple citoyen-ne. Quelques exemples:

Genève

Suisse

Deux bases genevoises

La Société genevoise de généalogie offre sur Internet des informations généalogiques sur presque 900’000 personnes. Cette base exceptionnelle n’a pas d’équivalent dans d’autres cantons.

Enfin, mentionnons encore la Biographie genevoise. Cette base n’est consultable qu’à la Bibliothèque de Genève, site des Bastions, pour des raisons de droits. Au moyen d’une interface vintage, on accède à plus de 90’000 coupures de presse sur plus de 30’000 personnes, depuis le début du 20e siècle.

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