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La Saint-Barthélemy est un événement majeur de l’histoire européenne dont on commémore cette année les 450 ans. Le passage des familles protestantes fuyant à partir de 1572 les persécutions dont elles sont victimes en France a durablement marqué la mémoire genevoise. La Bibliothèque de Genève qui conserve de nombreux documents en relation avec l’histoire du protestantisme, a tenu à évoquer cette histoire en publiant une série de blogs. Elle a fait appel à divers spécialistes qui en illustreront de manière originale un événement, un thème ou un objet qui leur ont paru particulièrement significatifs.

Genève, monument de la Réformation: maquette du bas-relief français (Henri IV signe l’édit de Nantes, 13.04.1598)
BGE Rec est 0444 03-12-09

Vingt-six ans après le massacre de la Saint-Barthélemy, Henri IV signait, le 30 avril 1598, l’édit de Nantes qui mettait fin pour plus d’un siècle aux guerres civiles qui opposaient protestants et catholiques.

L’édit de Nantes est le résultat de plusieurs édits de pacification antérieurs promulgués à partir de 1561. Il se concentre autour de trois thèmes principaux: la vie religieuse,  les charges publiques et la justice.

Tout d’abord, il accorde la liberté de conscience et la liberté de culte à tous les sujets du royaume. Si les protestant-e-s ne peuvent être poursuivi-e-s pour leur religion, leur droit de l’exercer est par contre restreint. Le culte ne peut être célébré que dans des lieux bien précis. Il ne pourra pas être célébré à Paris ou dans son voisinage, ainsi qu’à la Cour et dans les armées.

Puis les protestants obtiennent le droit d’être admis à tout office de la fonction publique.

Enfin, Henri IV accorde aux protestants des chambres de justice mixtes, dites «chambres de l’édit» auprès des parlements. Composées de magistrats de l’une et l’autre confession, elles traitent les causes civiles ou criminelles pour lesquelles les deux parties, ou l’une d’entre elles, appartiennent à la religion réformée.

Même si l’édit de Nantes n’implique pas le principe de tolérance, il a permis à quelques générations de protestants de vivre leur foi et connaître l’égalité civile sous la protection d’une loi d’État, avant sa révocation par Louis XIV en 1685.

L’édit ne sera enregistré par le parlement de Paris que le 25 février 1599, après que celui-ci ait réduit le nombre d’articles à 93 sur les 95 primitifs. L’article 37, qui instituait un nouvel office de substitut du procureur général à la chambre de l’édit de Paris, sera notamment supprimé.

Le texte originel de l’édit de Nantes, avec ses 95 articles, est perdu. Celui-ci existait en deux exemplaires, l’un destiné au chancelier de France et le second conservé à La Rochelle où étaient centralisées les archives des protestants. Ce dernier exemplaire a brûlé dans un incendie lors du siège de la ville par les troupes royales en 1627-1628. Il ne reste qu’une seule copie conforme de ce texte originel. Datée du 22 mai 1599, elle est conservée à la Bibliothèque de Genève sous la cote Ms. fr. 413, folios 1-40.

Vue du temple du Paradis à Lyon, construit en 1563 et détruit en 1567
BGE tableau 0179

Retrouver ici les autres billets de la série.

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