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Avant que la valse des casseroles reprenne dans la cuisine adjacente, je me plonge dans les images d’un Mémorial de la famille Reuter, appartenant désormais au fonds manuscrit et iconographique Edmond-Georges Reuter et famille conservé à la Bibliothèque de Genève grâce aux généreux dons en 2017-2018 de ses descendants.
Ce cahier est publié sur le site d’un découvreur de “scripta volant” qui en a permis le sauvetage.

Commencé par Célestine Baldinguer, qui épouse en 1844 le conservateur du jardin botanique Georges Reuter, ce Mémorial égrène à petits pas chronologiques des événements qui ont marqué la famille: naissances, mariages, voyages, décès, catastrophes domestiques, météorologiques ou telluriques.
Puis, inauguré par une seconde page de titre soigneusement calligraphiée, ce Mémorial est repris et poursuivi par l’un ou plusieurs de ses enfants, sous la forme d’une éphéméride où les événements sont listés selon le mois de l’année.

Se retrouvent ainsi consignés, sous chaque mois du calendrier et en de sobres notations, les faits mémorables sur plusieurs générations. Il m’est étrange d’assister à cette formidable condensation en quelques feuillets de toute une mémoire familiale où les joies et les peines se racontent.

Aujourd’hui, nous sommes nombreuses et nombreux à être séparé-e-s de nos familles d’origine et peut-être percevons-nous davantage l’importance des liens qui nous lient à elles. Que retenons-nous des histoires qui les tissent en amont et que retiendrons-nous de celle qui nous secoue aujourd’hui? Et si nous commencions notre mémorial?
Il me semble qu’un espace et un temps de la mémoire s’ouvrent à nous et qu’un mouvement vers nos (res)sources donnerait de l’élan vers ce qui compte vraiment.

Pour en savoir plus
“Du Nil à la Trent, parcours d’un artiste genevois”, par Hélène Virenque, in : Passé simple, n° 25, mai 2017