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Dans les années 1970, à Genève, se constitue une galaxie de collectifs et mouvements contestataires. Dans le sillage des affiches de Mai 68, leurs membres dessinent, écrivent, impriment et collent sur les murs de la ville des appels à réfléchir et à manifester. Affiche sauvage, banderole brandie lors de manifestations, graffiti… Les slogans sont criés sur différents supports, le texte et l’image envahissent l’espace public.

Au travers d’affiches et de photographies, la Bibliothèque de Genève, en collaboration avec les Archives contestataires, expose la production graphique militante au tournant des années 1970 et 1980.

1er mai 1976. Manifestation. Tous unis contre la crise

65 x 90,5 cm
BGE Halosis 330

Les deux années qui font suite au choc pétrolier de 1973 sont marquées par une dépression économique, la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale. Le plein emploi et l’essor industriel des «Trente Glorieuses» sont mis à mal dans les pays occidentaux.

La crise en thèmes
Maison du quartier de la Jonction, 1976

73 × 52,5 cm
BGE Halosis 328

Pionnière dans le mouvement de création de centres de loisirs à Genève, la Maison du quartier de la Jonction naît en 1970. Notamment engagée dans les mouvements de défense des locataires, elle offre aux habitant-e-s du quartier un espace essentiel dans les champs culturel, social et politique.

L’été des libertés passe par Malville
Comité Anti-nucléaire Malville, [1977]

60 × 98 cm
BGE Halosis 477

Dès le lancement de sa construction en 1976, la centrale nucléaire de Creys-Malville, où se situe le réacteur nucléaire Superphénix, mobilise une importante opposition en France et en Suisse. En juillet 1977, une manifestation réunit environ 60 000 personnes. « L’été des libertés » connaît de violents affrontements avec la police, au cours desquels un manifestant, Vital Michalon, est tué. Le super-réacteur ne sera définitivement arrêté que vingt ans plus tard.

W. Grosse
La nature est un système écologique
Institut de la vie, [circa 1975]

86 × 61 cm
BGE Halosis 278

L’Institut suisse de la vie est créé en 1963-1964 dans les milieux académiques. Engagé sur des questions de transport et d’espaces verts en ville, il rejoint le Centre d’Information, d’Action et de Liaisons écologiques, fédération créée en 1971.
Dès 1972, divers groupements convergent autour de la Coordination contre Verbois nucléaire. Suite à cette mobilisation, ce projet de centrale en campagne genevoise, amorcé en 1968, est abandonné en 1988, comme ceux de Kaiseraugst (AG) et de Graben (BE).

Fête antinucléaire
Le Mont, Coopérative d’Impressions Nouvelles, 1978

42 × 29,5 cm
BGE Halosis 431

Organisé par le groupe antinucléaire Légitime Défense, cet évènement réunit les militant-e-s autour des luttes en Allemagne, en Suisse et en France (Malville). La politique de l’énergie en Suisse y est débattue. Cette «Fête antinucléaire» couronne l’action menée contre les investissements des Services industriels de Genève dans l’énergie nucléaire. Le motif du soleil souriant est un symbole durable du mouvement antinucléaire.

Georges Schwizgebel
Fête populaire aux Grottes
[1977]

62 × 44,5 cm
BGE Halosis 390

Les processus spéculatifs de démolition-reconstruction des quartiers populaires, qui poussent les loyers à la hausse et chassent les habitant- e-s du centre-ville, sont fortement remis en cause dès le début des années 1970. La résistance des habitant-e-s des Grottes, portée par l’Action Populaire aux Grottes, est emblématique de ces luttes qui aboutissent en 1978 à l’abandon du projet initié par la Ville et l’État.

Occupation d’appartements aux Grottes
Action populaire aux Grottes, Association d’habitants, 1977

42 × 31 cm
BGE Halosis 364

Fête populaire à Plainpalais
Groupe Logement, [1977]

42 × 29,5 cm
BGE Halosis 359

Chêne-City, ça suffit!
Association des habitants des 3 Chênes, 1981

59,5 × 38,5 cm
BGE Ba 2038

En 1958, le Conseil d’État approuve un projet d’urbanisation de l’axe routier menant à Moillesulaz, partiellement réalisé. La poursuite de ce programme rencontre vers 1980 une forte opposition face à la perspective d’un «Chêne-City» ou d’un «Chêne-Béton». La lutte se cristallise autour des deux «goulets», d’architecture faubourienne, celui de Chêne-Bourg, presque entièrement détruit en 2002 après avoir abrité un squat très actif culturellement, et celui de Chêne-Bougeries, qui sera finalement préservé.

La rénovation urbaine: le cas de Genève
École d’architecture, Revue Werk-Archithèse, [1976]

42 × 30 cm
BGE Halosis 323

Défenses des locataires, associations de protection du patrimoine et milieux académiques – comme le Centre de recherche sur la rénovation urbaine créé en 1973 à l’École d’architecture – participent à la redéfinition des politiques urbaines. Cette question est ici illustrée par l’ancien quartier du Seujet, démoli en 1931, et remplacé par l’hôtel du Rhône en 1948-1950.

Le logement en crise
Maison des jeunes et de la culture de Saint-Gervais, [1982]

52 × 35,5 cm
BGE Ba 2029

Grève des loyers
Association des habitants d’Avanchet-Parc, Association des
locataires des Grandes-Communes et du Gros-Chêne, Association
des locataires du Lignon, [1977]

42 × 30 cm
BGE Halosis 324

La grève des loyers est l’un des modes d’action mis en oeuvre par les nombreux groupes d’habitant-e-s qui essaiment à Genève entre 1970 et 1983. Endémique, la crise du logement sévit depuis les années 1960. On se mobilise contre la hausse des loyers, tant au centre-ville que dans les cités satellites de construction récente (Le Lignon, 1963-1971; Les Avanchets, 1971-1977).

Objecteurs: prison ou service pour la paix?
[1977]

85,5 × 61 cm
BGE Halosis 257

Entre 1960 et 1990, le nombre de condamnations pour refus de servir augmente significativement, avec des peines de prison ferme, pour des durées de trois à dix-huit mois.
L’initiative populaire «Pour la création d’un authentique service civil» est refusée en 1977; de même en 1984. Ce n’est qu’en 1992 que l’Arrêté fédéral sur l’introduction d’un service civil pour les objecteurs de conscience est accepté en votation populaire (82 % de oui).

Financez votre peur
Permanence pour l’action non violente et l’objection
de conscience, [1979]

70 × 50 cm
BGE Ba 2010

L’objection de conscience est au coeur des mobilisations dans les années 1960-1990. La Suisse est l’un des derniers pays d’Europe occidentale à refuser un statut aux objecteurs. Au-delà du refus de servir, la contribution financière de la population (taxe militaire, impôt de défense nationale) est l’objet de vives critiques. Les pacifistes dénoncent également la vente d’armement suisse aux pays en conflit.

À qui appartient le ventre de cette femme?
MLF, 1975

50 × 44 cm
BGE Ba 2116

L’avortement libre et gratuit est revendiqué par les militantes du Mouvement de libération des femmes (MLF) comme d’autres mouvements féministes en Suisse et en Europe. Le droit à l’avortement, au-delà d’un droit juridique, cristallise des enjeux d’autonomie et d’émancipation pour les femmes. Il s’agit du détournement d’une affiche réalisée par le graphiste Werner Jeker, avec une photographie de Christian Vogt. L’affiche originale est conservée au Musée historique de Lausanne.

L’avortement libre
MLF, [1977]

61 × 41,5 cm
BGE Halosis 375

Les femmes construisent, la ville détruit
MLF, [1976]

50 × 35 cm
BGE Halosis 37

Les membres du Mouvement de libération des femmes (MLF) occupent un ancien café du quartier des Grottes, le 1er mai 1976, pour en faire un Centre femmes, à Genève, sur le modèle d’autres lieux féministes en Europe. La Ville, propriétaire de l’immeuble, fait évacuer et murer l’établissement au mois d’août. Lors de cette manifestation de protestation, les militant-e-s murent à leur tour l’entrée du Conseil administratif de la Ville.

Rencontre des femmes
Centre-femmes, [1976]

60 × 41,5 cm
BGE Halosis 500

Pour une maternité au service des femmes
Groupe de femmes pour l’autonomie, Commission femmes VPOD,
Des Femmes du Centre femmes, [1977]

43,5 × 31 cm
BGE Halosis 374

Avis à celles et ceux qui sont «pas-comme-les-autres»
Groupe homosexuel de Genève, [1978]

30 × 21 cm
BGE Halosis 432

Face aux discriminations, le Groupe homosexuel de Genève demande l’abrogation de la loi cantonale de septembre 1977 sur le certificat de bonne vie et moeurs. Cette attestation était notamment refusée en cas d’«inconduite notoire», à laquelle l’homosexualité était souvent assimilée. Une pétition forte de 4000 signatures est déposée en novembre 1979 auprès du Secrétariat du Grand Conseil, sans effet. Des groupes de soutien aux prostituées se mobilisent également contre ce certificat discriminant. Aujourd’hui, l’«inconduite notoire» a disparu de cette loi; demeurent les peines privatives de liberté et des situations de toxicomanie, d’alcoolisme ou de faillite.

Fête de la Brèche
1978

62 × 42 cm
BGE Ba 1983

La Ligue Marxiste Révolutionnaire (LMR), organisation trotskyste suisse romande, est l’un des principaux partis d’extrême gauche des années 1970-1990. Elle édite La Brèche, qui paraît de 1969 à 1994. Le journal organise en mars 1978 une fête à la salle communale de Plainpalais qui laisse une grande place à la culture vivante, sur le modèle des fêtes des grands journaux communistes européens.

Radio, Presse, Opinion public, TV
[1970-1980]

38 × 29,5 cm
BGE Halosis 557

En réaction à l’information de masse diffusée par les grands canaux (radio, télévision, presse écrite), les mouvements contestataires mettent en place des outils de contre-information. Des journaux naissent à Genève et en Suisse romande, tels que Le Rebrousse-poil (1978-1985) ou Tout va bien (1972-1978), devenu ensuite Tout va bien-Hebdo jusqu’en 1983; d’autres publications à petit tirage se font l’écho de luttes et d’enjeux spécifiques. Des radios pirates s’emparent également des ondes, comme Radio Pleine Lune, radio féministe qui émet en 1981.

P. Scheller
Fête de solidarité
[1978]

43 × 30,5 cm
BGE Halosis 440

Le 22 février 1978, dix mécaniciens du CERN occupent un atelier du supersynchroton à protons. Engagés à titre temporaire, ils revendiquent des conditions de travail similaires à celles des autres employé-e-s de l’organisation.

Grève et occupation
[1976]

60 × 42 cm
BGE Halosis 327

En novembre 1975, la société éditrice du quotidien Le Courrier annonce la fermeture de son imprimerie au 28 février 1976, ce qui entraîne un mouvement de grève et l’occupation des locaux en janvier. À Neuchâtel, c’est l’entreprise horlogère Bulova qui entreprend la restructuration de ses activités. Cette affiche a été éditée par le Comité d’action syndicale de Lausanne, lié au groupe maoïste vaudois Rupture pour le communisme.

Contre l’initiative Schwarzenbach
[1976]

75 × 50 cm
BGE Halosis 338

Nommées d’après l’un de leurs promoteurs, James Schwarzenbach (Démocrates suisses), ces initiatives populaires visent à lutter contre la «surpopulation étrangère». Dans le contexte de crise économique, les initiant-e-s mettent dos à dos personnes étrangères et les travailleurs et travailleuses suisses. Les deux initiatives Schwarzenbach (1972 et 1974) sont refusées par le peuple. Elles ont cependant une incidence sur la politique suisse en matière d’immigration, avec notamment l’instauration du principe des quotas.

Giornata delle colonie libere
Maison des jeunes de Saint-Gervais, [1976]

65 × 47 cm
BGE Halosis 335

Les colonies libres, association née dans les milieux antifascistes (à Genève dès 1943), porte les revendications des saisonnières, saisonniers et immigré-e-s en provenance d’Italie tout en offrant des activités culturelles et une aide sociale.

L’asile politique, problème mondial, problème suisse
Association pour l’amnistie générale des prisonniers politiques au Brésil, 1977

70,5 × 50 cm
BGE Halosis 377

Si le milieu des années 1970 voit le retrait américain du sud-est asiatique, les années qui suivent sont marquées par une brutalisation de la vie publique dans de nombreuses autres régions du globe. La violence étatique provoque l’exil de milliers de réfugié-e-s en Suisse, venus principalement d’Europe de l’Est et d’Amérique latine. Si les autorités réagissent à cet afflux par une politique de plus en plus restrictive, associations et organismes internationaux défendent la nécessité d’une politique d’ouverture.

Meeting Espagne
[Comité antifasciste de soutien au peuple espagnol en lutte], 1976

62,5 × 46,5 cm
BGE Halosis 350

Le 20 novembre 1975 meurt le général Franco, le fossoyeur de la République espagnole. Avec lui disparaît une dictature qui aura duré plus de quarante ans. Deux jours plus tard, son successeur désigné, le roi Juan Carlos, monte sur le trône. Manifestations et grèves se multiplient à travers le pays. La transition démocratique s’engage le 15 décembre par l’adoption de la Ley para la Reforma Política.

Yves Reymond
Chili: 5 ans de résistance
ASRIL, 1978

61,5 × 23 cm
BGE Halosis 421

Si les militaires perdent le pouvoir entre 1974 et 1975 en Grèce, au Portugal et en Espagne, il n’en va pas de même en Amérique latine. Le général Pinochet renverse le gouvernement socialiste de Salvador Allende en 1973.

Chili… 78
1978

70 × 50 cm
BGE Halosis 425

La répression qui s’instaure au Chili après le coup d’État de 1973 entraîne l’exil de milliers de femmes et d’hommes. En Suisse, l’accueil de ces réfugié-e-s est contingenté par les autorités. Des solidarités se créent notamment dans les mouvements antifascistes et anti-impérialistes.

Yves Reymond
Hors-jeu en Argentine!..
[circa 1978]

43 × 31 cm
BGE Halosis 293

L’armée prend le pouvoir en Argentine en 1976. On désigne comme desaparecidos, les personnes arrêtées et tuées pendant le régime dictatorial du général Videla (1976-1983); leur nombre est estimé entre 20 000 et 30 000. C’est dans ce contexte que le pouvoir argentin organise la Coupe du monde de football qui devient un outil de propagande. Les appels au boycott resteront sans effet.

Argentine
Coordinatrice suisse de solidarité avec le peuple argentin, [1977]

59,5 × 42 cm
BGE Halosis 404

Amérique centrale, andine, du Sud
[1981]

65 × 45 cm
BGE Ba 2012

À la fin des années 1970, l’Amérique centrale vit un tournant de son histoire. Au Nicaragua, le Front sandiniste de libération nationale prend le pouvoir en 1979; le Front Farabundo Martí de libération nationale, au Salvador, et l’Unité révolutionnaire nationale guatémaltèque sont en guerre contre des régimes soutenus par les États-Unis. Ces mouvements suscitent espoirs et mouvements de solidarité au sein de l’extrême gauche européenne.

Mois latino-américain
[1975]

51 × 37,5 cm
BGE Ba 2057

Halte à la collaboration avec l’Afrique du Sud
1978

42,5 × 33 cm
BGE Halosis 413

Si les autorités suisses condamnent, dès 1968, le régime ségrégationniste sud-africain, les milieux économiques helvétiques n’ont cessé d’investir dans le pays et d’y entretenir des relations commerciales. C’est ce que dénoncent les militant-e-s antiapartheid (Mouvement antiapartheid de Suisse – MAAS; Groupe de travail Afrique australe et Portugal – GTAAP) et les milieux tiers-mondistes (Déclaration de Berne, Magasins du monde).

Journée internationale de solidarité
Association Suisse-Palestine, 1978

62 × 44 cm
BGE Halosis 412

L’Association Suisse-Palestine, créée en 1976, se donne pour but de promouvoir la cause palestinienne en Suisse. La Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien est instaurée en 1978 par l’ONU, suite à l’appel de l’Assemblée générale à la célébration annuelle de la résolution sur le plan de partage de la Palestine adopté le 29 novembre 1947.

Daniel Suter
Victoire des peuples d’Indochine
Centre de liaison politique, 1974

42,5 × 30 cm
BGE Halosis 90

L’engagement militaire des États-Unis en Indochine à partir des années 1960 a suscité de forts mouvements d’opposition dans le monde entier. Dès 1974, la défaite de l’armée américaine et des régimes qu’elle soutient s’annonce. Phnom Penh, la capitale du Cambodge est prise le 17 avril. Le décollage, deux semaines plus tard, d’un ultime hélicoptère du toit de l’ambassade des États-Unis à Saigon (aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville) marque la fin de la guerre du Viêtnam. Au mois de décembre, un gouvernement communiste met fin au régime monarchique laotien.

Vietnam
Collectif Grottes, CIML, [1979]

60 × 40 cm
BGE Ba 2035

Jacques Cocquio
Cambodge
Comité Indochine vaincra, [1975]

60 × 42,5 cm
BGE Ba 2087

Le GRUNC est le Gouvernement royal d’union nationale du Cambodge. Il s’agit du gouvernement en exil mis en place en 1970 par le prince Norodom Sihanouk, alors allié des Khmers rouges. Après la victoire du 17 avril 1975, le GRUNC devient officiellement l’organe de gouvernement du pays, mais le pouvoir réel lui échappe. Sihanouk revient de Chine à la fin de l’année, mais est contraint de démissionner dès le mois d’avril 1976. Le régime totalitaire du Kampuchéa démocratique, au pouvoir au Cambodge entre 1975 et 1979, fera 1,7 million de victimes.

Lettre-appel
Collectif Halosis, 1977

43 × 30,5 cm
BGE Halosis 558

Afin de mener sa récolte à bien, le collectif Halosis placarde 300 de ces affichettes dans les lieux publics (bistrots, maisons de quartier) et diffuse l’appel auprès des organisations et mouvements politiques et culturels, notamment lors du festival de La Bâtie de 1977.

Affiches sauvages à Genève 1968-1978
1979

62,5 × 42,5 cm
BGE Ba 848

L’exposition Affiches sauvages à Genève 1968-1978, montée aux Pâquis, dans l’ancienne école primaire de la rue de Neuchâtel aujourd’hui détruite, est consacrée aux affiches réunies par le collectif Halosis depuis sa création en 1977. L’exposition est présentée l’année suivante à Lausanne.

Dany Gignoux
Occupation des locaux du Parti démocrate-chrétien (PDC)
à Genève par les militantes du MLF, 03.10.1974

BGE CIG gig n24x36 2 044 01 09 35

Pour le MLF, le PDC, qui défend les thèses de l’Église catholique en matière d’avortement, est «l’ennemi des femmes».

Dany Gignoux
Occupation des locaux du Parti démocrate-chrétien (PDC)
à Genève par les militantes du MLF, 03.10.1974

BGE CIG gig n24x36 2 044 01 09 36

Émile dit Mick Desarzens
Manifestation féministe contre la démolition du Centre femmes
aux Grottes, 11.08.1976

BGE CIG des 1976 08 11 demo 42

Dany Gignoux
Manifestation pour la paix à la place
des Nations, avec la Fanfare du Loup,
23.01.1982

BGE CIG gig n24x36 2 044 01 10 7a / 11 25a et 26a

Avant le début des entretiens russoaméricains entre Andreï Gromyko et Alexander Haig, une manifestation réunit à Genève une dizaine de milliers de pacifistes. Ils réclament un désarmement et la fin des interventions militaires: soviétique en Afghanistan et en Pologne, américaine en Amérique latine.

Dany Gignoux
Manifestation dans l’enceinte du Palais des Nations contre la présence d’une délégation de la junte chilienne à une conférence de l’Organisation internationale du travail, 08.06.1974

BGE CIG gig n24x36 2 044 01 08 26a

Cette manifestation était soutenue par la Ligue marxiste révolutionnaire et différents «comités Chili» de Suisse. Le drapeau de l’ONU fut alors remplacé par un drapeau rouge.

Dany Gignoux
Conférence de presse à l’île Rousseau au sujet de la manifestation du 16 novembre 1985 en marge du sommet «Reagan-Gorbatchev», 21.10.1985

BGE CIG gig p 2 028 01 01

Interpresse
Manifestation contre l’abattage
d’un cèdre à l’avenue de Chamonix
aux Eaux-Vives, 1973

BGE CIG ip n 1973 05 28 occu 04a / 10

Au début de l’année 1973, les habitant-e-s des Eaux-Vives se mobilisent contre l’autorisation d’abattage d’un cèdre accordée pour la construction d’un immeuble à l’avenue de Chamonix, à proximité de la gare des Eaux-Vives. Les contestataires obtiennent gain de cause au tribunal administratif en septembre de la même année. L’arbre existe toujours.

affiches
historiques

Intensité des engagements politiques et crise économique sont des aspects qui relient les années 1970 et 1980 à l’entre-deux-guerres. Les affiches des années 1930 élargissent le champ chronologique et permettent d’approcher les deux périodes dans une perspective comparative.

La dépression mondiale qui suit le krach boursier de 1929 provoque une chute de l’activité économique qui se poursuit en Suisse jusqu’à la fin des années 1930. Le taux de chômage explose et les tensions politiques s’exacerbent. Le 9 novembre 1932, l’armée réprime une manifestation antifasciste et tire sur la foule à Plainpalais, faisant treize morts. Le 26 novembre 1934 est élu le premier gouvernement à majorité de gauche de Suisse.

Le bouillonnement des passions politiques favorise la violence des propos. Rappelons que la fusillade de 1932 a pour origine un placard par lequel l’Union nationale annonce qu’elle va mettre en accusation publique les dirigeants socialistes. Les campagnes politiques qui ne sont pas préparées dans l’urgence suscitent des affiches plus élaborées graphiquement comme celles qui soutiennent ou combattent l’initiative de crise.

L’armée réprime
[circa 1972]

Affiche en deux parties, 29 × 42 cm
Archives contestataires, Fonds Charles Philipona, Aff 460

Le souvenir des années 1930, qui s’est effacé durant les décennies qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale, ressurgit dans les années 1970. Crise économique et avancées sociales, montée du fascisme et internationalisme ou répressions policière et militaire deviennent des références dans les débats contemporains. Une émission de télévision (Le temps des passions, 1930-1939), diffusée sur la télévision romande en 1977 et publiée peu après en livre, a notamment ranimé cette mémoire dans un large public. Un monument «sauvage» aux victimes de la fusillade du 9 novembre 1932 est élevé en 1982 par l’Union des syndicats genevois et le Comité d’organisation du 1er mai à Plainpalais pour commémorer le cinquantenaire de l’événement.

Grand Meeting de protestation
Comité de défense des chômeurs, 1936

100 × 70 cm
BGE Ca 2046

Ce «meeting de protestation» vise un chroniqueur du Journal de Genève. Ce journaliste, dans sa rubrique antigouvernementale «Sous le régime rouge», s’est attaqué des mois durant au président du comité de défense des chômeurs, le socialiste Louis Piguet, parce qu’il aurait traité des gendarmes de «crapules».

Pour les 40 heures
Fédération des Ouvriers du Bois et Bâtiment de la Suisse, Fédération des Ouvriers sur Métaux et Horlogers de la Suisse, 1936

100,5 × 65 cm
BGE Ca 2049

La semaine de 40 heures est votée en France en 1936, sous le gouvernement du Front populaire. En Suisse, la durée du travail est régie depuis 1877 par une loi fédérale et les conventions collectives de travail. Différentes initiatives visant à réduire le temps de travail (1958: 44h.; 1976 et 1988: 40h.) échouent devant le peuple. Aujourd’hui, la durée de travail moyenne est de 42 heures.

Au secours du peuple espagnol
Comité d’aide au peuple espagnol, 1936

100 × 65 cm
BGE Ca 2030

La guerre d’Espagne qui éclate en juillet 1936, provoque un choc. Très vite, des organismes de secours à la population espagnole sont mis sur pied. 800 Suisses s’engagent par ailleurs comme volontaires dans les Brigades internationales pour défendre le gouvernement républicain; 170 d’entre eux mourront au combat.

Johann Arnhold (1891-1955)
Initiative de crise oui!
1935

128 × 91 cm
BGE Da 826

Une initiative «Pour combattre la crise économique et ses effets» est lancée en 1934 par le Parti socialiste et l’Union syndicale suisse; elle est rejetée par le peuple en juin 1935. Elle visait à engager l’État dans un soutien à l’économie en protégeant notamment les salaires et les prix.

Noël Fontanet (1898-1982)
Attention au piège…
1935

128 × 90 cm
BGE SGA 4.22

L’initiative «Pour combattre la crise économique et ses effets» vise la protection des salaires, la création d’emplois, le désendettement des entreprises agricoles et artisanales, l’assurance chômage, l’aide aux exportations et au tourisme et la réglementation des capitaux et des cartels. Le Parlement et le Conseil fédéral recommandent tous deux le rejet de cette initiative, de même que les partis de droite et les organisations patronales, qui considèrent le financement de ces mesures irréaliste.

Ferdinand Schott (1887-1964)
Nein
1935

127,5 × 90 cm
BGE Dz 142

Écrit comme au charbon, ce non évoque la profonde division des deux camps autour de l’initiative «Pour combattre la crise économique et ses effets». Suite à la dévaluation du franc suisse, un compromis réconcilie le pays par la création d’emplois associée à une politique de réarmement, par l’Emprunt de défense nationale (1936). Un accord de paix du travail est également conclu en 1937.

Commissaire : Mirjana Farkas
Comité scientifique : Nicolas Schaetti et Véronique Goncerut (Bibliothèque de Genève),
Géraldine Beck et Frédéric Deshusses (Archives contestataires)

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