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Clarté

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Clarté

L’immeuble Clarté est le seul édifice qui atteste des relations nouées entre Le Corbusier et Genève. Si le bâtiment est aujourd’hui inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, sa notoriété a été lente à se dessiner et il reste peu connu des Genevois·es.
Par son caractère innovant, Clarté a séduit les photographes. Leurs images, aujourd’hui conservées à la Bibliothèque de Genève, permettent de retracer l’histoire visuelle de l’édifice et les mutations du quartier de Villereuse.

LES PROTAGONISTES

Charles-Édouard Jeanneret (1887–1965) — qui prend en 1920 le pseudonyme «Le Corbusier» — et son cousin et futur associé Pierre Jeanneret (1896–1967) se sont formés en Suisse, l’un à La Chaux de Fonds, l’autre à Genève. Ils s’établissent à Paris où ils collaborent de 1922 à la fermeture de leur agence en 1940. Au milieu des années vingt, ils rencontrent l’entrepreneur genevois Edmond Wanner qui a repris en 1916 la maison de ferronnerie et de serrurerie familiale. Il sera le promoteur de l’immeuble Clarté. «Grâce à l’énergie, à l’audace et à la persévérance de M. Edmond Wanner, Clarté existe, représentant un exemplaire jusqu’ici unique d’avant-garde architecturale» (Le Corbusier et Jeanneret, L’art en Suisse, 1933).

CONSTRUIRE

Les années 1920 et 1930 sont à Genève une période d’effervescence architecturale et d’innovation technique. De nouvelles solutions constructives sont expérimentées. L’immeuble Clarté est ainsi monté à sec à l’aide d’une ossature métallique en éléments préfabriqués, assemblés sur le chantier grâce à un procédé de soudage à l’arc électrique, sans boulons ni rivets. Les fondations sont réalisées par l’ingénieur Robert Maillart et l’entreprise Wanner assure la partie de serrurerie.

1931

INNOVER

Dans les années 1920, les architectes de Clarté ont formulé les éléments principaux qui composent leur langage: le toit-terrasse qui sert de jardin suspendu et offre une vision large sur le paysage; le plan libre qui permet de s’affranchir de la contrainte des murs; la fenêtre en longueur qui, en courant d’un bout à l’autre de l’immeuble, en définit l’espace intérieur; la façade libre, permise grâce à des modes de construction nouveaux; enfin la surélévation du bâtiment sur des pilotis qui libère l’espace au sol et absorbe les dénivelés du site. Si ces points ne sont pas tous pleinement réalisés à Clarté (il manque les pilotis), ils contribuent à la «réforme» de l’habitat souhaitée par ses concepteurs.

1932

HABITER

L’immeuble qui se veut «une nouvelle conception du logis» est issu des recherches menées par les architectes sur la notion d’«immeubles-villas». Le Corbusier et Pierre Jeanneret proposent une organisation originale qui se traduit notamment par l’abandon de la division uniforme en étages, dont l’unité est rompue par les «duplex».
À l’été 1932, une exposition occupe, pour des raisons promotionnelles, quelques appartements. On peut y admirer les travaux des ensembliers et futurs résident·e·s Gustave-Adolphe Hufschmid et Else Hamann, mais aussi le mobilier moderne proposé par «Wohnbedarf», un magasin de meubles zurichois qui ouvrira une succursale dans une arcade de Clarté à l’enseigne «Ameublement-Typ».

1932

FRANK-HENRI JULLIEN

Le Corbusier et Pierre Jeanneret comprennent très tôt le parti qu’ils peuvent tirer de la photographie pour promouvoir leur esthétique. Ils ont notamment utilisé les images du Genevois Frank-Henri Jullien pour illustrer leur article sur l’immeuble Clarté paru en 1933 dans la revue L’art en Suisse.
Jullien (1882–1938) est un photographe et photoreporter bien établi à Genève, qui a repris a repris en 1910 l’atelier de la photographe Louise Fueslin-Rigaud. Il a documenté la fin du chantier de Clarté, puis l’immeuble achevé et les intérieurs aménagés par ses premiers résidents. Il revient à Villereuse en 1934 pour faire une dernière série de photographies.

1932

PAUL BOISSONNAS

Paul Boissonnas (1902–1983) reprend en 1927 l’atelier de son père Fred, un photographe de grande réputation dont Le Corbusier a notamment utilisé les images de Grèce pour illustrer son ouvrage Vers une architecture (1923). Commandées par Edmond Wanner, les prises de vue de Paul semblent avoir été réalisées sous la supervision étroite des architectes. Elles associent détails significatifs du bâtiment et mise en évidence de la transparence et de la lumière.

1933

OLIVIER JOHN

Au tournant des années 1960 et 1970, l’heure est au rejet des conceptions urbaines telles qu’ont pu les incarner Le Corbusier et Pierre Jeanneret.
En 1974, le Musée du Vieux-Genève mandate de jeunes photographes pour documenter la mutation de la ville. Parmi eux, un étudiant en chimie qui fera carrière chez DuPont, Olivier John (*1952); il met en évidence les particularités du quartier de Villereuse, composé de multiples strates historiques et de bâtiments aux fonctions, formes et gabarits les plus divers.

1974

CLAUDIO MERLINI

Clarté change de statut en 1986 avec son classement par le canton de Genève en tant que monument historique. L’immeuble est fortement dégradé. Les vues du photographe Claudio Merlini documentent cet état préoccupant puis le chantier de restauration qui est entrepris en 2007. Son reportage illustre la renaissance de l’édifice, désormais inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (2016).

2007

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