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L’évolution des étiquettes de cotation des livres de la Bibliothèque de Genève

L’évolution des étiquettes de cotation. De gauche à droite: manuscrite à l’aide d’un chablon, manuscrite à la main libre et impression automatique.

À son entrée dans les collections de la Bibliothèque de Genève, chaque document est référencé dans la base de données et identifié par une cote. La cote est un code de signalétique documentaire qui permet de localiser efficacement un document parmi les milliers de rayonnages de la Bibliothèque.

L’étiquetage des cotes au dos des livres s’effectuait autrefois au service de l’équipement de la Bibliothèque, tout comme la dorure (marque de propriété) ou encore la pose d’antivols. Les étiquettes de cotation étaient écrites et collées proprement à la main, ce qui nécessitait une certaine dextérité manuelle.

La nécessité d’intégrer la conservation aux missions de l’institution a amené à repenser le service d’équipement et l’étiquetage. En 2016, à la suite d’une visite à la Bibliothèque Nationale Suisse, un système d’impression automatique des étiquettes a été mis en place à la Bibliothèque de Genève.

Le gain de temps a en partie permis au service d’équipement de continuer de développer ses activités dans le domaine de la conservation préventive (dépoussiérage, fabrication de conditionnements sur mesure, traitement des documents biocontaminés, gestion du climat, stabilisation, etc.).

De plus, l’impression automatique permet d’éviter les erreurs, car l’étiquette est imprimée depuis le code-barres qui identifie le livre et qui est directement relié à la base de données de catalogage. L’étiquette est ensuite collée à l’aide d’un adhésif minutieusement choisi par les techniciennes en conservation, en fonction de critères liés à la conservation à long terme. Et ce même pour des ouvrages contemporains: les livres d’aujourd’hui pourraient être les trésors de demain!

Une nouvelle technologie au service de la conservation

Les secteurs Conservation et Restauration de la Bibliothèque sont toujours à l’affût de nouvelles technologies pouvant améliorer la qualité de leurs travaux sur les collections ou enrichir les connaissances en matière de conservation du patrimoine.

La formation permanente des acteurs de la conservation que sont les techniciens-ne-s en conservation, les conservateurs-restaurateurs et les conservatrices-restauratrices est nécessaire à l’actualisation des connaissances scientifiques, en constante évolution. La veille technologique et les recherches permettent ainsi de déterminer les meilleures techniques d’intervention à employer pour garantir des traitements sans risque sur les objets ainsi que leur durée de vie.

Le secteur Conservation étudie actuellement une nouvelle technologie d’analyse. Détournée de son usage premier en horlogerie, elle a émergé il y a environ 5 ans dans le milieu patrimonial. Elle consiste en un relevé du relief d’une surface par analyse optique et donc sans contact. Cette caractérisation très précise ne dégrade pas les matériaux analysés, peut être directement appliquée sur les documents, et est aussi quantitative. La précision de ces analyses, de l’ordre du micron, engendre des temps de mesure qui peuvent durer jusqu’à 8h pour un seul échantillon.

Cette technologie présente de nombreux avantages que le secteur Conservation scrute à travers l’observation de l’impact du nettoyage à sec du papier, en fonction de la technique employée. Dans la lignée internationale du Smithsonian (Etats-Unis) et du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France, la  Bibliothèque serait donc la première institution patrimoniale de Suisse à utiliser un tel outil. Un prochain article sur ce blog résumera l’étude et exposera les résultats de ces tests.

Opération conservation préventive pour les médailles de Gustave Moynier

Vous pensiez que les techniciennes en conservation interviennent uniquement sur les livres ? Eh bien non !

Le secteur Conservation Préventive traite toutes les typologies de collections conservées à la Bibliothèque de Genève.

Il a dû relever un nouveau challenge puisqu’il a été chargé de reconditionner les 31 médailles honorifiques de Gustave Moynier.

Ces médailles, composées de matériaux précieux (alliages d’or, d’argent et ou de cuivre), étaient conservées jusqu’alors dans des cadres vitrines peu adaptés à une conservation à long terme.

Tout d’abord, toutes les pièces ont été méticuleusement démontées de leur ancien support sur lequel elles étaient cousues. Puis une micro-aspiration ainsi qu’un nettoyage mécanique ont été réalisés à l’aide de textiles microfibres.

Nous avons ensuite reconditionné ces médailles une à une dans de nouvelles boîtes répondant aux normes internationales en vigueur en matière de conservation. Nous avons créé un support en mousse sur mesure pour chacune d’elles. Elles peuvent ainsi être transportées, stockées ou exposées dans ces mêmes boîtes. Plus d’une cinquantaine d’heures de travail ont été nécessaires pour ce travail de conservation préventive, qui a en outre permis une valorisation de cette collection prestigieuse.

Enfin nous avons produit une documentation détaillée à travers des photographies et un rapport d’intervention.

Aujourd’hui elles ont réintégré les réserves du Centre d’iconographie de la Bibliothèque de Genève, à l’abri des différents facteurs de dégradation environnementaux, comme la lumière ou les variations d’humidité relative.