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Éloge du retard

Ce petit livre écrit par la philosophe et psychanalyste Hélène L’Heuillet arrive à point nommé en cette période particulière qui a vu une grande partie de la population être confinée chez elle. Il remet en question la société actuelle basée sur l’urgence en toutes choses. Cette urgence qui conduit à un sentiment d’intensité et de vie bien remplie, sentiment qui finalement est totalement illusoire.

Dans ces conditions, le retard doit être considéré non pas comme un défaut mais une richesse. Savoir attendre permet de ne pas s’engager trop rapidement, de prendre le temps de la réflexion. S’autoriser un retard signifie également prendre un risque personnel, le risque de laisser survenir quelque chose d’inattendu, de laisser une ouverture dans sa vie trop bien planifiée.

À l’heure actuelle où les services reprennent peu à peu à la Bibliothèque de Genève comme ailleurs, le livre d’Hélène L’Heuillet est donc tout à fait actuel. Il nous incite à vivre pleinement mais sans précipitation et nous invite à accueillir avec sérénité  les aléas et les «retards» éventuels qui ponctuent notre quotidien.

Travailler au service des acquisitions

21 septembre 2004: Hélène Buchet Goy lors du vernissage de l’exposition d’affiches “De mai 68 au G8” à la bibliothèque de la Cité

Hélène Buchet Goy est entrée à la Bibliothèque de Genève – qui s’appelait alors Bibliothèque publique et universitaire, BPU pour les intimes –  le lundi 1er octobre 1990.
Responsable des acquisitions, elle a eu sous sa responsabilité une mission-clé de l’institution: sélectionner et acheter les ouvrages de la 
collection générale.
Après presque 30 ans de service, Hélène prendra sa retraite aujourd’hui. Son énergie communicative va nous manquer… Nous lui souhaitons bon vent!


Je me souviens encore des paroles de Monsieur Philippe Monnier, sous-directeur de la Bibliothèque de Genève à l’époque il y a bientôt 30 ans, lors de mon engagement au Secteur des Acquisitions: «Vous verrez, travailler pour les acquisitions, c’est le travail d’une vie».

Ces mots m’ont fait frémir. Naïvement,  je pensais rester quelques années et ensuite changer d’horizon.

Travailler pour les acquisitions d’une grande bibliothèque c’est non seulement s’intéresser aux nouvelles parutions et à leurs auteurs, suivre l’actualité des éditeurs et de la recherche, mais c’est aussi et surtout connaître le fonds de la Bibliothèque. Acquérir, c’est prendre en compte la profondeur historique des collections existantes, les enrichir de documents qui les compléteront, faire vivre la collection pour les usagers actuels et futurs.

Travailler pour les acquisitions, c’est aussi comme j’aime à le répéter à mes collègues: «Noël tous les jours». En effet qui a la chance dans son activité professionnelle de recevoir des paquets tous les jours? J’aime l’odeur des livres et de l’encre fraîchement imprimée. Je me réjouis de la diversité et du chatoiement des couvertures illustrées, même si parfois je m’énerve quand la référence à une illustration de couverture qui m’interpelle particulièrement, n’est pas indiquée. J’admire la beauté et le soin de certaines éditions, la qualité typographique, la mise en page.

Les bases de données, périodiques et livres électroniques, aussi nécessaires et indispensables soient-ils, n’auront jamais hélas le goût de Noël…

Travailler pour les acquisitions c’est aussi collaborer avec les fournisseurs et les libraires. Je leur adresse  mes remerciements pour toutes ces années de travail partagé et formule mes meilleurs vœux pour la poursuite de leur activité dans cette période si particulière.

Art Typo: histoire visuelle de l’art typographique


Ce magnifique ouvrage, édité par les Presses de l’Imprimerie Nationale, décrit en sept périodes historiques de 1450 à nos jours, toute une histoire illustrée de la typographie.
Le XXème siècle représente la plus grande partie de l’ouvrage.
Chaque page présente un caractère typographique, ses spécificités, son inventeur et le contexte dans lequel il est apparu et cerise sur le gâteau,  chaque police de caractère est illustrée par la reproduction d’une page avec ce caractère.
Le graphiste Paul McNeil propose ainsi plus de 320 caractères rangés par ordre chronologique de création.
Voici un petit choix pour vous donner l’envie de regarder ce livre de plus près.

1482 édition des « Elementa geometriae » d’Euclide par l’imprimeur Ehrard Ratdolt avec le caractère gothique Rotunda.
1764 édition par le graveur et fondeur de caractères Pierre Simon Fournier de son « Manuel typographique », en caractère romain.
1931 specimen du caractère Patrona Grotesk, invention tchèque que l’on doit à V. Kansky
1989 specimen du caractère Found fount/bits du graphiste Paul Elliman

Le livre compte plus de 600 pages et chaque page est illustrée….

Signalons enfin la présence notable dans cet ouvrage de la police de caractères EuclidFlex, développée par les typographes lausannois de Swiss Typefaces à l’aide de la technologie OpenType, et utilisée dans toute la communication institutionnelle de la Bibliothèque de Genève, notamment dans son logotype.

À emprunter à la Bibliothèque de Genève dès la réouverture.

Deux ouvrages récents sur la Suisse

Il n’est pas si fréquent de voir de nouveaux documents sur la Suisse publiés en France, or récemment deux ouvrages viennent de paraître.
Le premier livre de l’historien Thomas Maissen « Histoire de la Suisse »  est publié par les Presses universitaires du Septentrion. Il propose une synthèse en un peu moins de 400 pages qui retrace l’évolution de la confédération helvétique depuis le XIIIème siècle jusqu’à nos jours.  Il s’agit de la première traduction en français de son livre « Geschichte der Schweiz ».

Le second ouvrage « Les littératures suisses entre faits et fiction » est un recueil d’articles publiés sous la direction de Régine Battiston et de Daniel Annen aux Presses Universitaires de Strasbourg qui porte sur la littérature contemporaine suisse des différentes régions linguistiques.
Comment les écrivains suisses ont-ils transcrit leur réalité dans leurs écrits ? Cette question est traitée à travers divers thèmes comme la  fiction, l’autobiographie, l’altérité… et des auteurs aussi différents que Friedrich Dürrenmatt,  Joël  Dicker, Fabiano Alborghetti et bien d’autres…

Couleur, Couleurs

Deux ouvrages récents apportent un éclairage nouveau sur le monde chatoyant de la couleur.
La couleur n’est pas seulement le support d’expériences artistiques diverses mais peut également se parer de mysticisme, correspondre à des notes de musique, être l’objet de recherches scientifiques… Le livre d’Alexandra Loske, historienne de l’art nous raconte ces histoires multiples dans  Couleur : une histoire visuelle.

Chromatic Typewriter de l’artiste Tyree Callahan (2013)
Illustration tirée de l’ouvrage d’Alexandra Loske

L’ouvrage de l’artiste et philosophe Hervé Fischer Les couleurs de l’Occident de la préhistoire au XXIème siècle retrace à travers les siècles l’usage de la couleur. Il part du postulat qu’à chaque société correspond un système de couleurs et il va tenter de préciser les liens qui associent une société définie avec ce qu’il appelle un indicateur sociochromatique.

Gamme de réfrigérateurs colorés (année 1970)
Illustration tirée du livre de Hervé Fischer

Mais on ne peut pas parler de couleurs sans citer l’un des plus grands spécialistes de ce thème, l’historien Michel Pastoureau qui s’est passionné pour la symbolique des couleurs. Il a décliné l’histoire du bleu, du noir, du  vert, du  rouge et du jaune à travers les civilisations de l’Antiquité à nos jours.

De son côté la linguiste Annie Mollard-Desfour a décrypté les origines lexicales des couleurs dans son Dictionnaire de la couleur : mots et expressions d’aujourd’hui. Sept volumes sont actuellement parus et ont complété la palette de Michel Pastoureau en ajoutant  le gris, le blanc et le rose.

Dans la littérature aussi le thème de la couleur a été récemment abordé par Elodie Ripoll dans son ouvrage  Penser la couleur en littérature : explorations romanesques des Lumières au réalisme.