0041 22 418 28 00 communication.bge@ville-ge.ch
Sélectionner une page

Ils en ont plein la tête

Photo : Bibliothèque de Genève / Matthias Thomann
Photo : Bibliothèque de Genève / Matthias Thomann

Ces derniers mois, nous ne savions plus où donner de la tête en raison des nombreux chantiers de conservation menés dans le cadre de l’aménagement des Bastions.

Après avoir évalué l’état de conservation des 18 bustes présents dans les espaces publics, nous avons alors bille en tête procédé à leur dépoussiérage. La poussière, véhiculée par l’air ambiant, s’était déposée au fil du temps sur ces pièces et avait décidé de se payer notre tête.  
Outre l’aspect inesthétique de cet encrassement, il peut être un véritable vecteur de dégradations chimiques ou microbiologiques et nous prendre carrément la tête!
La poussière est composée de fines particules (poils, fibres, etc.), d’agents chimiques (composés organiques volatils) et de spores pouvant favoriser les attaques chimiques ou le développement de moisissures dès que les conditions climatiques sont réunies. Un véritable concentré nocif à long terme auquel il faut tenir tête!
Gardons la tête froide, il existe des solutions. En effet, nous procédons régulièrement à des campagnes de dépoussiérage sur nos collections dans nos espaces publics ou dans nos magasins.
Femmes de tête, les techniciennes en conservation, sont alors entrées en action, armées de brosses douces, pinceaux à poils souples et aspirateurs à filtration totale. Ainsi, durant plusieurs jours, elles n’avaient qu’une idée en tête: éradiquer de nos 18 têtes (plus très blondes) la poussière accumulée au cours des derniers temps.
Les bustes ont maintenant intégré la galerie de la Salle de lecture.
À tête reposée, venez observer nos bustes qui ont la tête bien faite. Vous verrez, Calvin a notamment la tête beaucoup plus légère !

Photos : Bibliothèque de Genève / Stéphane Pecorini

Mais que «fichier»-vous cet été ?

La Bibliothèque de Genève fermée huit lundis au cours de l’été ? Le personnel de la Bibliothèque en profiterait-t-il pour flâner entre les 75 km de rayons ?
Pas question ! Comme tous les étés maintenant depuis 2013, ce sont 77 collègues qui cette année ont fourmillé derrière les portes closes.

Depuis 1903, le fichier de la Salle du catalogue était à disposition des lecteurs et lectrices et constituait le moteur de recherche de la Bibliothèque publique et universitaire (ancien nom de la Bibliothèque de Genève).
Dès le milieu des années 80, les fiches ont été rétroconverties et c’est aujourd’hui la version numérique qui vous permet de retrouver un livre en quelques clics.

Toutefois ce mobilier et ces fiches constituent des archives de l’histoire de l’institution, qu’il faut conserver. Voilà donc ce à quoi nous avons en partie œuvré cet été.

Tous les étés, le personnel se retrouve pour mener à bien des chantiers de conservation d’ampleur, impossibles à mettre en œuvre tout au long de l’année lorsque le site est ouvert au public.
Ces chantiers sont l’occasion pour des collaborateurs et collaboratrices non spécialisé-e-s de découvrir les métiers de la conservation, de les sensibiliser plus encore à la manipulation d’objets culturels fragiles ou encore d’approfondir leur connaissance des collections de l’institution. C’est aussi un moment de rencontres interprofessionnelles. Enfin, cela représente en un temps restreint une force de travail efficiente, difficile à rassembler durant les autres périodes de l’année.

Pour l’édition 2019, nous avons jeté notre dévolu, entre autres, sur le fichier de la Salle du catalogue.
Pas moins de 57 meubles, comprenant 36 tiroirs chacun, ont été traités.
Il a fallu retranscrire les étiquettes des 2052 tiroirs (même celles en cyrillique !), puis en extraire les fiches papier et les reconditionner dans des boîtes répondant aux standard de la conservation.
Les boîtes étiquetées, contenant ces centaines de milliers de fiches, ont maintenant rejoint nos magasins où elles sont à l’abri du temps pour de nombreuses années.

Vous savez maintenant pourquoi ces tiroirs sont vides et ce que nous « fichions » cet été.

Inondation à la Bibliothèque de Genève, rapport d’intervention

Souvenez-vous de ce 3 novembre, lors duquel une pluie diluvienne s’abattit sur Genève. La Bibliothèque de Genève, dont le toit est alors en travaux, n’est malheureusement pas épargnée et de nombreux métrages linéaires de manuscrits se retrouvent inondés.

L’alerte PBC (Protection des biens culturels) est donnée à 6h du matin par l’huissier auprès du Responsable des Opérations PBC (ROP)!

Près de deux centimètres d’eau recouvrent les planchers des magasins et la pluie continue de tomber.

Le plan d’urgence est déclenché et les équipes d’intervention sont convoquées sur le lieu du sinistre.

La première étape est l’évacuation des collections touchées afin de limiter les dégâts de la pluie qui persiste. Près de 4426 documents sont déplacés.

La deuxième étape est la stabilisation de la zone sinistrée.

L’entreprise de couverture est dépêchée sur place en urgence afin de protéger temporairement la toiture. Elle arrive à 10h et le toit est recouvert dans la foulée.

De la sciure est ensuite répandue sur le sol afin d’absorber l’eau et de sécuriser la zone.

La troisième étape consiste en la création d’une filière et de zones de traitements : les documents secs d’un côté et les ouvrages humides ou mouillés de l’autre.

Les documents mouillés sont d’abord disposés sur des cordes tendues afin de les sécher et de laisser l’eau s’égoutter. Dans un second temps, ils sont retirés des cordes pour un séchage ventilé. Les pages sont alors tournées délicatement afin de les décoller les unes des autres. En effet, l’eau chargée de mortier et de plâtre a créé une adhésion des pages du bloc texte.

Pour les ouvrages les plus précieux, un traitement plus fin est adopté. Ils sont placés dans une zone au climat contrôlé. Afin d’absorber l’humidité, des papiers absorbants sont intercalés entre chaque feuillet et les pages sont tournées une à une durant près de trois semaines.

Quelle clairvoyance!

C’est en effet en 1825 que ce sinistre eut lieu, et pourtant le plan d’intervention d’urgence serait quasiment identique aujourd’hui, près de deux siècles plus tard!

Le ROP de l’époque n’était autre que Charles Bourrit, pasteur et bibliothécaire à la direction de la Bibliothèque.

Cet évènement nous est parvenu grâce aux archives de la bibliothèque (voir BGE, Arch. BPU Ac 4, f. 5v-6) précieusement conservées et prochainement numérisées.

Grâce à son héroïque intervention, M. Bourrit sauva notamment des eaux un de nos manuscrits enluminé du XVème siècle.