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L’incendie du pont du Rhône

« Au milieu de la nuit le pont fut enflammé;
Car le feu par dessous s’était fort allumé,
Tout ainsi qu’un brûlot qui est tout combustible,
Fit un embrasement si grand et si horrible,
Que je ne pense pas que dessous le soleil,
Aucun homme vivant ait vu son pareil. »
Abraham Bonnet

Il y a 350 ans, dans la nuit du 17 au 18 janvier 1670, un incendie se déclarait sur le pont du Rhône à Genève, causant la mort de plus d’une centaine de personnes. L’embrasement puis l’effondrement du pont le plus important de la ville, fut un évènement traumatique majeur pour ses contemporains.

Ce sinistre inspira un certain nombre d’artistes, comme Abraham Bonnet qui déclare, dans son Poème sur l’embrasement arrivé à Genève sur le pont du Rhône: «  L’embrasement du plus beau de ses ponts sur le Rhône demeura toute ma vie dans mon cœur ». Des gravures et une huile sur panneau de bois du XVIIe siècle illustrent les impressionnantes flammes qui surgissent dans la nuit et embrasent les maisons et les échoppes, nous laissant imaginer l’effroi dans lequel habitant-e-s, spectateurs et spectatrices furent plongé-e-s. L’auteur de L’ embrasement du pont du Rhône donne une interprétation théologique de l’évènement.

Ces œuvres issues des décombres constituent des témoignages historiques d’importance et permettent de mieux appréhender la topographie ancienne de la ville de Genève. Elles sont consultables en ligne dans la base de donnée e-rara et sur le site du Centre d’iconographie de la Bibliothèque de Genève.

Après ce drame, le quartier et le pont sont reconstruits; en 1871, ils laissent place aux ponts en métal que l’on connaît aujourd’hui, tels que les ponts de l’Ile.

Newton: Philisophiae Naturalis Principia Mathematica

La Bibliothèque de Genève possède deux exemplaires de la première édition de 1687 des Principes mathématiques de la philosophie naturelle du savant britannique Isaac Newton. L’ouvrage, écrit en latin, comporte de nombreuses figures géométriques et formules mathématiques, et constitue un des ouvrages savants les plus importants de la fin du XVIIe siècle, qui sera traduit en français par Emilie du Châtelet, figure importante des Lumières, en 1759.

Les Principes mathématiques de la philosophie naturelle, que nous appellerions aujourd’hui principes mathématiques de la physique, rédigés quelque vingt années après les premières expérimentations de Newton, reprennent sa célèbre théorie sur la gravité, mais ils énoncent aussi les lois sur le mouvement des corps. Véritable condensé de savoir scientifique et réceptacle de préceptes inédits, les principes mathématiques de Newton représentent un ouvrage fondateur de l’histoire des sciences.

Les deux exemplaires, bien qu’issus d’une même édition, possèdent tout de même de petites singularités. Il est amusant de voir, au fil des pages, les toutes petites différences que l’on peut trouver entre eux et qui permettent de mettre au jour un aspect passionnant du livre ancien: le fait que chaque exemplaire est unique.

Voyages dans les Alpes

En cette période de confinement, il n’est pas facile pour certain-e-s de rester chez soi. Mais si la lecture est un voyage, alors quoi de mieux qu’une petite ascension du Mont-Blanc pour s’évader?

Genevois-es friand-e-s d’histoire, de géologie, de montagnes ou encore de récits de voyages, vivant dans une région alpine mais n’ayant pour autant jamais gravi de montagnes, il est temps de découvrir tous les secrets du Mont-Blanc avec l’ouvrage d’Horace Benedict de Saussure: Voyages dans les Alpes.

Ce livre aux dimensions multiples, publié en quatre volumes et illustré de planches gravées d’une grande finesse, est accessible en format numérique via ce lien. Écrit en 1779, il regorge de références savantes et de données scientifiques novatrices pour son époque. Son auteur, Horace Bénédict de Saussure, naturaliste genevois, nous conte non seulement son voyage mais nous décrit aussi à la perfection tous les aspects de son ascension à l’aide de fines observations géologiques, minéralogiques, physiques, zoologiques ou encore météorologiques.

Attention toutefois car comme le dit si justement De Saussure: «Ces excursions sont pénibles, je l’avoue ; il faut renoncer aux voitures, aux chevaux même, supporter de grandes fatigues et s’exposer quelquefois à d’assez grands dangers